Outs et Côte du pot

Pacific PokerDepuis que le Poker existe, deux stéréotypes de joueurs se sont imposés. D'un côté le "flambeur", donc on ne sait pas trop si il jouit d'un sixième sens, ou si c'est la chance qui lui sourit avec insolence (Gus Hansen en est l'incarnation en chair et en os). D'un autre côté on a le matheux, qui maîtrise les côtes et les probabilités de chaque coup, chaque main, chaque carte avec une précision diabolique (La nouvelle génération d'Internet a souvent cette étiquette, dont Chris Moneymaker en est la figure emblématique).

Que l'on se rassure, il n'est pas indispensable d'être un "crack" en mathématiques pour savoir utiliser intelligemment les règles fondamentales des probabilités au Texas Hold'em No Limit. Seuls quelques principes de base sont à connaître, souvent à utiliser comme une information parmi tant d'autres (la position, le tapis, le profil des joueurs présents, les tells...)

La côte du pot

Les probabilités peuvent-être décisives sur le long terme. Ce n'est pas ce calcul qui vous fera gagner une main, ni une partie, ni un tournoi... La prise en compte de la côte d'un pot vous fera gagner sur le long terme, après des centaines, et même des milliers de mains.
Il y a deux cas dans lesquelles un calcul de côte s'impose. Soit un adversaire à misé, vous supposez votre main inférieur à là sienne et vous attendez (tirez) une ou plusieurs cartes afin d'avoir un jeu supérieur. C'est le cas du tirage.
Un deuxième cas où vous aurez besoin des probabilités : vous avez le meilleur jeu, et vous avez peur qu'un de vos adversaires encore en jeu obtienne une carte qui le ferait gagner. Dans ce cas vous n'avez qu'une seule alternative : Vous devez miser, mais de combien ?

Ces deux situations sont très liés. En effet dans un cas vous devez savoir jusqu'à quel somme vous devez suivre pour tirer une carte, et dans l'autre quel somme vous devez miser pour que votre adversaire ne puisse pas suivre, ou tout du moins pour qu'il fasse une erreur en suivant (et cela qu'il touche sa carte ou pas, on parle ici sur le long terme).

Prenons un exemple simple : Vous avez A J, et le flop est le suivant : 7 8 9. Le pot est de $2, et votre adversaire (disons Jo) relance de $1.0. Grâce à votre concentration tout au long de la partie et étant donné le jeu pré-flop de notre ami Jo, vous le mettez au flop sur une paire de 7, 8 ou 9. Vous n'avez donc pas la meilleure main à ce moment-là, mais vous espérez bien améliorer votre jeu en tirant un 10 (pour la quinte), un J ou un A (pour la top-paire). La question à ce moment-là est la suivante :
Dois-je suivre sa relance de $1.0 sur un pot de $2 pour aller tirer un meilleur jeu ?

Le raisonnement est le suivant. Combien de cartes restent-ils dans le paquet pour améliorer votre jeu : Il y a 4 10, 3 J et 3 A, ce qui fait un total de 10 cartes améliorantes : Ces cartes sont appelées des "outs". Ce nombre de cartes vous donne très simplement le pourcentage de chance de les toucher lors du tour de donne suivant : Il suffit de le multiplier par 2. Dans notre exemple nous avions 10 outs pour améliorer, il y a donc 20% de chance d'améliorer notre jeu au tournant. Le pourcentage est sensiblement le même à la rivière.

Revenons-en à la relance de notre adversaire. Pour respecter les probabilités, le pourcentage de chance d'améliorer notre jeu doit être supérieur à la mise par rapport à la valeur du pot + la mise. Il y a donc au milieu de la table un total (pot + mise) de 3.0, pour une relance de $1.0, soit un rapport d'à peu près 30%. Ce pourcentage est supérieur au 20% de chance d'améliorer son jeu, la relance de Jo est donc trop cher pour être payé, il faut coucher. La mise maximum qu'il aurait été possible de suivre était de $0.5 (qui représente 20% des $2.5 du pot).

La suite de ce cours sur les probabilités ici

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