Côtes implicite et inverse

Après le cours purement "mathématiques" du premier volet des probabilités, nous allons voir ici les différents facteurs qui peuvent influer sur ce calcul de la côte du pot afin de savoir si il est préférable de suivre, ou de coucher. Ceux-ci sont bien plus difficiles à apprécier, et feront la différence sur les tables de moyennes et hautes blindes.

La côte implicite

Voyons ici une des données qui peut faire varier votre jugement et tirer votre côte vers le haut. Si vous touchez votre out au tour suivant, la partie ne s'arrêtera pas là : Il y aura à nouveau un tour de mise. Et ce tour vous permettra alors de toucher encore plus d'argent grâce à votre jeu, à condition que le joueur adverse suivre votre enchère. Ce gain "possible" qui sera acquis à la suite de votre tirage peut vous faire suivre une main qui ne devrait pas l'être en se fiant uniquement à la côte du pot. Attention cependant, il reste difficile de prévoir quel somme vous allez pouvoir gagner par la suite. Cela dépend de plusieurs facteurs comme le profil de votre adversaire, votre tapis...

En effet si le joueur en face de vous est une "calling station", c'est à dire qu'il a l'habitude de suivre des relances trop importantes, vous aurez très certainement une côte implicite supérieure par rapport à un joueur "serrure", qui aurait moins tendance à suivre. Cette information doit vous permettre d'affiner votre jugement lorsque vous souhaitez tirer une carte pour améliorer votre jeu actuel.

Certains joueurs professionnels ont pour habitude de jeu d'utiliser énormément cette côte implicite, ce qui leur permet de suivre avec des jeux "impayables". Ils parviennent cependant à rattraper en un gros pot tous les plus petits pots qu'ils ont perdu précédemment. On peut citer notamment le joueur Gus Hansen

La côte implicite inverse

Vous allez me dire maintenant que je pousse peut-être un peu loin le raisonnement, et pourtant ! Que de mains ont été perdus bêtement à cause de cette côte implicite inverse. Il s'agit là d'un phénomène pervers :

Reprenons l'exemple du chapitre précédent : Vous tenez A J, et le flop est le suivant : 7 8 9.. Vous pensez donc tirez jusqu'à 10 outs afin d'améliorer votre jeu : Les 4 10 qui vous donnent la quinte, et les 6 J et A qui vous donneront une top paire. Ce raisonnement est vrai à priori, mais si on étudie de plus près chaque cas :

  • Un 10 tombe, vous avez donc un quinte. Mais cette quinte est-elle le jeu max ? Non car si l'adversaire tient J Q , en même temps que de vous donner la quinte au valet, le dix donnera à l'autre joueur une quinte à la dame, ce qui vous mettra dans une bien mauvaise situation.
  • Le J tombe, vous tenez ainsi la top paire avec le meilleur kicker qui soit : l'As. C'est bien mais regardez le board de plus près : 7 8 9 J. Il ne manque en effet qu'une carte pour une quinte au Valet, et deux cartes pour une quinte à la dame. Votre adversaire jouait peut-être son tirage, alors que vous pensiez qu'il avait le jeu fait.
  • Un A tombe. Dans ce cas il vaut mieux que le jeu pré-flop de l'adversaire n'indiquait pas un fort jeu comme A Q ou A K, ou que son kicker de la paire de 8 n'était pas ... un As.

Il est donc très important d'étudier de près chaque out, et de savoir si une fois touchée, cette carte vous donnera bien une main plus forte que celle de votre adversaire. En cela vous pouvez vous aider des indices laissés par la "bet pattern" de votre adversaire, afin de le mettre sur certaines cartes. Même si cette côte implicite inverse ne sévit que rarement, elle a tendance à faire très mal, car vous pourriez y laisser tout votre tapis, pensant avoir toucher un bon jeu. La côte implicite inverse peut donc, dans certains cas, faire baisser fortement votre côte et vous faire coucher un jeu malgré de nombreux outs.

Pour vous aider à comprendre les probabilités en jeu, notamment lors du préflop et du flop, rendez-vous sur la page des statistiques du poker. Vous y trouverez de nombreux tableaux résumant la plupart des situations de jeu, et les probabilités associées.

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